Loi HADOPI : Le site officiel Jaimelesartistes.fr piraté par des hackers - 15 mar 2009Le site web, censé promouvoir les mérites des artistes (voire des Majors) et présenter la loi HADOPI du ministère de la culture a été contrefait par usurpation d'url*.

http://jaimelesartistes.fr/

Le site officiel Jaimelesartiste.fr, pourtant annoncé comme super blindé et protégé, est quant à lui indisponible, victime de hackers, coulé par des millions de requêtes DoS (Deni of Service), comme on peut le lire en bas d'une page balise provisoire :
"Site momentanément indisponible" !

Le site officiel ne présente plus qu'une page balise,
elle même difficilement accessible : 
Voir une copie...

Le changement de structure serveur et renforcement sécurité va déjà couter fort cher aux contribuables, avant même l’adoption de la loi "Création et Internet" dite loi HADOPI .

Réaction du ministère de la culture – source AFP :
« Les groupes de pression qui s’opposent aux droits des artistes et des entreprises culturelles [privent] de tribune ceux qui défendent, concrètement, grâce au projet de loi Création et Internet, et non par de simples déclarations  d’intention, les créateurs et ceux qui les soutiennent. ».

Le projet de loi dit HADOPI tire son nom de la "Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet". Cette administration, Haute Autorité Internet, aura pour vocation, à l'instar du CSA de l'audio-visuel, de faire respecter et de contrôler l'usage d'Internet en France, dans le but notamment de stopper le téléchargement illégal.

Oui, les artistes doivent pouvoir vivre de leur talent et de leur travail !

Bien évidement, par déontologie, par principe et par respect, nous somme totalement contre le piratage et la copie illégale. Il n’en demeure pas moins que cela commence bien mal en matière de protection des réseaux Internet et contrôle des adresses IP, pour les instances officielles qui devront être en charge de surveiller et réprimander les téléchargements illégaux de musique MP3, films, vidéos, jeux et autres programmes informatiques.

Techniquement la loi HADOPI sera-t-elle réellement applicable ?

Ne parlons pas du problème de traçage des adresses IP, qui sont de plus en plus "masquables et brouillables" sur des réseaux d'échanges privés et cryptés (VPN) ; comme par exemple GigaTribe ou le très prochain VPN Ipredator, des suédois The Pirate Bay, annoncé comme "sûr". Souvenons-nous que le bridage et le contrôle de NAPSTER, le premier véritable réseau d’échange de musique, a favorisé l’explosion de nombreux systèmes Peer to Peer (P2P), comme eMule, eDonkey, Bit-Torrent et autres réseaux d’échanges sociaux, comme YouTube, MySpace, FaceBook, etc.  

Quelques interrogations…
Les internautes qui se feront pirater leur propre liaison Wifi (malgré d’éventuelles protections), recevront-ils un mail d'avertissement à tort ? Risqueront-ils de se voir supprimer l’accès au Web ? Quid du droit et de la présomption d'innocence ?
 
De plus, il est fort probable que l'envoi d'email d'avertissement donne lieu à de très nombreux spam, virus et hoax (canulars) les imitant... Malheureusement l’imagination fertile des spammeurs, véritable plaies d’Internet, est sans limite. D'ou une réaction prévisible de rejet et de filtrage par les internautes et les systèmes de protections (anti-virus, anti-espions, pare-feu…).
 
En conséquence, bon nombre de mail d'avertissement seront tout simplement filtrés et détruits. Seul restera alors, la lettre AR... Mais cela coutera beaucoup plus cher au contribuable français.

Le « mis en examen » accusé par erreur, devra ensuite se défendre contre l’administration et prouver sa bonne foi ; comme quoi son adresse IP a été usurpée ou que sa connexion a été piratée. Ce qui ne sera pas évidement à prouver !

Les gros trafiquants de bande passante sont des pirates potentiels ?

Incapable de réellement tracer les adresses IP, il est possible, qu’a terme les FAI (Fournisseur d’Accès Internet) soit tenu de dénoncer déclarer toute personne dont le trafic dépasserait un certain volume, soupçonnable potentiellement de faire du téléchargement illégal, même si ce n’est pas le cas.

Un mail d'avertissement pourrait alors être envoyé en masse à tous les vilains gros consommateurs de bande passante. Histoire de voir, et de jouersur la peur du gendarme.

La limitation de bande passante pourrait aussi être envisagée, hormis pour les services payant, on s’en doutera.

A terme, il est probable que les points d’accès libres (HotSpots publics, web-cafés internet, Wimax…) soient fermés, fortement bridés ou restreints à une liste blanche de sites autorisés.

Et peut-être même en reviendrons-nous aux principes du Minitel, ou tout était payant ; sauf le 3611. Le Onze 11, remplacé par une myriade d'annuaires  téléphonique les 118, tous plus gratuits et pratique les uns que les autres.

Tout cela coutera bien cher au particulier et risque de restreindre quelques libertés… Comme le dénonce UFC Que Choisir en présentant ce projet comme une abération judiciaire, technique et économique.

La dématérialisation des œuvres de l’esprit est en marche

Pourquoi, continuer à s’accrocher aux Charbonnage de France des Majors de la musique, ne faudrait-il pas profiter de la crise économique pour avoir de l'audace et imaginer d’autres modes de financement et de diffusion afin de rémunérer correctement les artistes et préserver la création et les droits d'auteurs : Licence globale, Forfait de téléchargement, Publicité, Sponsorisation... Espérons que nos dirigeants politique et députés, éviterons la Taxe à Tout, ce mal bien français !

Pourquoi Nathalie Kosciusko-Morizet, notre ancienne ministre de l’écologie qui a défendu avec passion le Grenelle de l’environnement, en tant que nouvelle secrétaire d’État à la prospective et au développement de l’économie numérique, reste-elle totalement absente des débats relatifs au projet de loi HADOPI ?


* Même si pirater les sites d'autrui (ici par spoofing ou mystification d'url et par Deni of Service) n'est pas admissible, et heureusement répréhensible ; il n'en demeure pas moins que c'est un fait ! Des questions se posent donc quant à la sécurité incontournable des systèmes informatiques qui seront chargés de la traçabilité des adresses IP par l'HADOPI.

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